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Pourquoi vous ne devriez pas partager vos photos.

Tous les photographes (professionnels ou non) sont d’accord pour dire que le numérique, internet, les réseaux sociaux sont une aubaine pour la photographie. Tous reliés ensemble, il suffit d’un clic sur le dos de son boitier pour partager sur sa “page à like” la dernière photo que l’on vient de faire. La rapidité à son paroxysme. Que l’image soit bonne ou mauvaise, ce n’est pas la question. On peut le faire rapidement alors on le fait.

Mais avec toute cette rapidité quand est ce qu’on réfléchit?

Et si, l’espace d’un instant, on arrêtait de cliquer sur le bouton “publier” et qu’on regardait, non, qu’on lisait ses photos pour de vrai que resterait-il? Peut-être ce petit bouton sur le visage qu’on aurait pu enlever ou cette tâche de capteur négligemment laissée et qu’on nous fait remarquer sur tel ou tel groupe. Pas grave! On ouvre Photoshop, on reprend son calque, on le modifie et hop, on met la photo “corrigée” en commentaire.

Et si on avait gagné du temps en attendant un jour de plus pour laisser sa photo de côté et la reprendre ensuite avec des yeux neufs, corriger cet oubli voire peut être ne pas la partager? Bien-sûr, ce n’est pas grave, mais je trouve que c’est représentatif de la négligence qu’on peut trouver dans le partage de certaines photos. Sur bon nombre de forums, groupes, pages, réseaux dédiés à la photo, je me retrouve souvent à me poser la question : “mais est ce que cette photo est terminée?” Certaines parties sont “bien faites” alors que d’autres sont totalement délaissées ce qui laisse une impression de négligé à la photo. A la fois très travaillée et pourtant profondément bâclée.

Certaines personnes ne se reconnaîtront pas dans le portrait dressé ci dessus. Peut-être qu’elles sont suffisamment rapides ET exigeantes en même temps. J’ai rencontré des photographes avec un œil de faucon. Rien ne pouvait leur échapper et pourtant ils ne regardaient leur image que depuis quelques minutes. Ces personnes ne sont pas la généralité mais l’exception, renforcée de nombreuses années de pratique photographique, d’habitude etc.

Alors s’il vous plait, amis photographes, publiez vos photos lorsque vous savez pertinemment qu’elles vous semblent parfaites. Ayez cette boule au ventre lorsque vous cliquez sur “publier”, comme si vous ne vous pardonneriez pas d’avoir oublié une tâche. Imposez-vous cette exigence essentielle à la pratique de la photographie et vous vous ferez plaisir, en ayant des débats argumentés avec des personnes aussi exigeantes que vous. Vous aurez alors mis de côté tous les commentaires sans fond (et souvent sans forme) des personnes qui ne font que regarder sans lire. Mieux vaut ne pas partager du tout que de partager pour la forme. On ne vous félicitera jamais d’une bonne fréquence de partages si ils ne sont pas qualitatifs.

Qu’elle que soit la photo c’est le photographe et lui seul qui assumera son partage (et non, le boitier et l’optique ne sont pas des excuses).

2 réflexions au sujet de « Pourquoi vous ne devriez pas partager vos photos. »

  1. Je découvre donc votre chaine et vos sites à tous les deux. Bravo pour ce travail. J’ajoute à ce billet qu’on progresse en faisant attention à ce qu’on partage, mais que le corollaire est vrai également, on sait qu’on progresse quand on se met à faire attention à ce qu’on partage.
    Il y a également une conséquence : on doit faire usage de la poubelle ! J’ai toujours en mémoire que Robert Franck a fait 20000 photographies pour n’en retenir que 84 pour The americans. Irvin Penn, à Lina ou à Quito, a rapidement fait le travail qu’on lui demandait, puis a fait presque 2000 clichés en deux jours, et ça a donné ses fantastiques portraits d’indiens, une des parties majeures de son travail qui ne comporte pourtant que 30 ou 40 photographies à la fin ! 2000 clichés en 2 jours, c’est presque 60 rouleaux de 36 poses, à la lumière du jour, de l’abattage ! On imagine alors sa fièvre, certainement sa nervosité alors qu’il travaillait. Un modèle.

    1. En effet, la quantité de photo que l’on publie par rapport à la quantité de photo prise st un bon indicateur de sa progression. Il ne faut pas non plus trop vite tomber dans le travers de ne plus montrer du tout ses photos par pure insatisfaction. Pour ma part, j’écarte beaucoup de photo sans pour autant les supprimer parce-que je m’autorise à revenir sur mes décisions à différentes époques, dans différentes humeurs ou tout simplement avec un but différent. il faut juste rester cohérent entre ses intentions initiales et les images que l’on choisis de publier (et d’assumer).

      merci pour votre commentaire et à bientôt.
      Florian

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